«

»

Août 14

L’institution du mariage…cette chère malmenée.

Lors du mariage de ma fille le 9 août dernier, j’ai prononcé une allocution qui s’inspire de passages d’un livre que je suis à écrire et qui porte sur le couple et sur la façon dont il faudrait peut-être se le redéfinir afin d’enrayer cette montée fulgurante du nombre de couples séparés/divorcés.  Son titre préliminaire : « Penser son couple autrement »  avec comme titre sous-jacent : « pour en assurer le succès ».

Ainsi, quoique je n’aie pas de formation de « psy » quelconque ou même de conseiller matrimonial, je ne me considère pas moins expert en la matière, puisque je suis marié depuis 23 ans. Je me permets donc de vous donner un aperçu de la teneur de mon propos par le biais de l’extrait en question.

Extrait de l’allocution

Ah l’institution du mariage…cette chère malmenée.

 Pourquoi dis-je cela? Attendez-voir…connaissez-vous cette anecdote que nous a raconté une de nos connaissances alors qu’elle nous mentionnait que sont père lors des célébrations de son 25e anniversaire de mariage aurait dit « C’est bien dommage, si je l’avais tué plutôt que de la mariée, je serais sorti de prison aujourd’hui »; et que penser de Jean-Pierre Ferland , qui suite à l’interprétation de la chanson « Sing-Sing » lors de son spectacle d’adieu s’est fait poser la question « Avez-vous déjà fait de la prison vous? » et à laquelle il a répondu « Non, mais j’ai été marié trois fois par exemple. »

Alors, si ces blagues ont un fond de vérité, pourquoi se marier? C’est ainsi que le mariage de Katherine et David m’amena à réfléchir à mon couple, réfléchir à mes 23 années de mariage (avec la même épouse faut-il le spécifier) et à comment il se faisait que mon mariage n’était devenu ni une prison, ni quelque chose d’astreignant au point d’aspirer à des jours meilleurs.

Permettez-moi donc de vous transmettre le peu de sagesse dont je me suis enrichi au fil de ces 23 ans et de vous faire part de ce que je considère en fin de compte être la recette de notre succès à Élaine et moi. Je le résume sous deux rubriques : 1- aimer plutôt qu’être amoureux, et 2- les trois attributs d’un couple réussi.

Aimer plutôt qu’être amoureux

Katherine et David, l’ère dans laquelle vous êtes nées fait que votre génération a été habituée au prêt-à-porter et donc à ce que tout fasse comme un gant du premier coup. Vous avez été habitués à ce que tout est jetable et qu’il n’en vaut pas la peine souvent d’essayer de le réparer. Vous avez aussi été habitué à la gratification instantanée et à l’éphémère. Et bien, voici que ce que vous entreprenez est un projet qui n’a rien de tout ça, car de construire un vécu ensemble, de se donner des points de repère communs prends du temps, de l’énergie et surtout de la patience. Tous les gens qui sont ou qui ont été en couple, saurons vous dire que la vie de couple est remplie de superbes moments inoubliables (la naissance des enfants, les premières journées de garderie ou d’écoles, les vacances en famille, le mariage de sa fille), mais est aussi parsemé de défis, de difficultés, de surprises, d’imprévus et même d’embûches. Il est donc inutile de le nier et d’essayer de jouer à l’autruche, car ces événements surviendront assurément. Vous avez d’ailleurs probablement déjà eu vos petites chicanes où, une fois terminé, ni l’un ni l’autre ne se rappelle de quelle façon elles avaient commencé. Il faut donc plutôt apprendre à leur faire face, mais à deux. Et heureusement que la vie nous fait don de ces moments charnières puisque ce sont eux qui façonnent le couple en fonction de la façon dont vous les aborderez.

 L’important ce n’est donc pas de demeurer amoureux comme au premier jour toute une vie durant, car cet état idyllique ne peut qu’être éphémère. Une lune de miel ne peut durer éternellement, il serait donc irréaliste d’aspirer à ce que vous y arriviez. Il faut plutôt apprendre à s’aimer, mais à s’aimer profondément. 

S’aimer donc plutôt qu’être amoureux.

Les trois attributs d’un couple réussi.

Les trois attributs qui peuvent permettre à ce qu’un couple passe l’épreuve du temps sont : l’individualité, la complicité et la complémentarité.

Ce qui importante à partir de maintenant, c’est que votre évolution suite à cette phase magique des premiers temps fasse en sorte que vous veniez qu’à vous complémenter l’un et l’autre au point par exemple où il n’est pas nécessaire de parler pour se comprendre, au point ou l’un peut finir les phrases de l’autre, au point ou lors d’épreuves difficiles telles que le deuil d’un parent par exemple, l’autre partage, ressent et subi l’épreuve avec autant de tristesse.

Aussi, afin d’arriver à devenir complice, il faudra vivre l’un en fonction de l’autre sans vivre l’un à travers l’autre, ni être dépendant de l’autre. Cette complicité et cette complémentarité feront en sorte qu’à deux vous êtes plus fort que seul. 

Toutefois, la plus grande menace du couple ne peut être mieux illustrée que par le biais d’un proverbe anglais sur lequel je suis tombé par hasard et qui va comme suit : « Être un couple c’est ne faire qu’un, mais lequel? ». Ainsi, pour ne pas se perdre dans son couple il importe donc de demeurer soi-même.   Il faut demeurer authentique, véritable, tout en se permettant une certaine vulnérabilité (visionnez ce vidéo TED anglophone à ce sujet) et donc de se mettre à nu (pas à nu comme ce que vous ferez ce soir pour la première fois puisque vous avez attendu d’être marié j’espère… non!). Mais surtout, il faut se respecter comme individu à part entière et donc favoriser l’individualité de chacun ce qui ne permet toutefois pas l’égoïsme.

Être complice, se compléter, tout en étant soi-même.

Voilà l’essentiel du message que je désirais vous transmettre.

En terminant, c’est en pensant à ce rite de passage qu’est votre mariage et du sens qu’un tel engagement prend que je me suis souvenu du jour où j’ai obtenu mes ailes de pilote. Quel rapport peut-il y avoir vous me direz? Et bien le voici.  J’étais tout feu tout flamme, fier de mon accomplissement, le torse bombé. Pourtant, suite à la cérémonie de remises des ailes, mon instructeur s’adressa à son contingent d’étudiant et nous fit part d’une sage pensée. Il nous mentionna que, quoique nous avions toutes les raisons du monde d’être fiers d’avoir obtenu notre brevet de pilote, ce n’était qu’un permis nous permettant, en toute légalité, de continuer à parfaire nos habilitées et n’était donc pas une finalité en soi. Votre mariage n’est donc pas lui non plus une finalité puisqu’il n’est bien que l’aboutissement de votre première étape de la vie à deux, celle d’être tombé amoureux l’un de l’autre. Les prochaines étapes quant à elles sont de longue haleine et des plus importantes… Alors, votre mariage aujourd’hui vous donne donc droit de passer à la prochaine étape, soit celle de vous bâtir un historique de vie sur lequel il fera bon de s’appuyer.

Fin de l’extrait de l’allocution

En espérant donc vous avoir mis l’eau à la bouche quant au livre qui me reste à écrire…travail de longue haleine; il me ferait gré que vous me partagiez vos commentaires. Peut-être pourrais-je ainsi m’en alimenter et par le fait même faire en sorte que votre vécu puisse en aider d’autres comme je tente de le faire avec le mien.

 

© 2012, Jacques Dufort. Tous droits réservés.

(2 commentaires)

  1. Christine

    Comme c`est bien dit Jacques! Marc et moi sommes ensemble depuis 27 ans et maries depuis déjà 20 ans et je suis tout à fait d`accord avec tes 3 attributs mentionnes ci-haut! Quel beau cadeau est ce discours aux nouveaux maries! Encore bravo cher ami…. et oui, tu as réussi a me mettre l’eau a la bouche – J’ai hâte a la parution de ton livre!! 🙂

    1. Jacques Dufort

      Christine, Merci d’avoir commenter. Ça me fait grandement plaisir. Ah oui, et bon anniversaire de mariage puisque c’est ton 20ième anniversaire de mariage aujourd’hui même. Amitié.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>