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Mai 02

Être vrai à soi-même

Être vrai à soi-même, voilà un défi de taille, car lorsqu’on y regarde de plus près, il semble bien que la plupart du temps, il nous soit plus facile d’avoir une opinion sur ce qui est bon pour autrui qu’il n’est de le savoir lorsqu’on est concerné. Pourtant, puisque personne ne nous connaît mieux que nous-mêmes, ne devrions-nous pas être en mesure de trancher avec plus de facilité lorsqu’un choix nous incombe?  

Et malgré tout, à chaque occasion qu’un choix s’offre à nous, une paralysie nous guette, une hantise plane. Se pourrait-il qu’on se complique la vie à considérer un trop grand nombre d’éléments, jusqu’à en oublier l’essence même de ce qu’on se devrait considérer à priori, soit notre bien-être? Alors, permettez-moi de vous conscientiser à certains éléments qui, selon moi, font obstacle à notre quête d’être vrai à soi-même.

Notre décision se doit-elle d’être « politiquement correcte »?

Le monde de rectitude politique accru dans lequel nous vivons, jumelé à l’omniprésence des médias sociaux qui mettent tous nos agissements, nos faits et gestes à la vue et su de tout le monde, fait en sorte que l’on semble craindre bien plus d’être jugés que toute autre chose. Cette réalité est donc, selon moi, première responsable de l’ambivalence qui vient à nous habiter. Il devient donc plus que difficile de prendre la bonne décision, même lorsque celle-ci est de nature personnelle, sans à priori avoir eu le réflexe de considérer sa rectitude politique ou de sa pertinence sociale.

Il faut donc être conscient de l’impertinence d’accorder trop d’attention à ce que les autres penseront de nous et apprendre à ne pas nécessairement tenter de faire ce qui est « politiquement ou socialement correct dans le seul but d’éviter le jugement d’autrui », car de toute façon, qui sont-ils « eux » pour savoir ce qui est bon pour nous?

Nos amis, remplis de bonnes intentions

Comme mentionné en introduction, pour la majorité d’entre nous, il nous semble bien plus facile d’être honnête envers autrui qu’il ne l’est de l’être envers nous-mêmes. C’est d’ailleurs peut-être ce qui explique qu’autant de nos amis, quoique bien intentionnés, se précipitent parfois pour nous faire part de ce qu’ils pensent, allant même dans certains cas jusqu’à tenter nous imposer leur décision, nous voulant que du bien naturellement. Ainsi, il importe de bien connaître ces amis pour savoir accorder juste importance à leur propos afin de s’assurer de la pertinence de ceux-ci en fonction de la réalité qui n’est que nôtre. 

Rationnelle ou irrationnelle?

Il peut advenir que votre décision soit considérée comme irrationnelle par les autres, mais quoi qu’il en soit, n’êtes-vous pas mieux placés qu’eux pour déterminer de sa pertinence? De toute façon, sur quelle base jugeons-nous de la rationalité d’une décision? Tel un artiste qui quitte son emploi rémunérateur pour œuvrer à son art; cette dernière peu sembler irrationnelle pour quelqu’un dont la réalité n’est faite qu’en fonction d’un système matérialiste-capitaliste, pourtant elle prend tout son sens pour l’artiste pour qui son art n’est pas qu’un simple boulot, mais bien ce qu’il est dans son for intérieur.

Or donc, tant et aussi longtemps que vous êtes à l’aise avec votre décision et qu’elle vous rend heureux (se), c’est tout ce qui importe. Sommes-nous que des êtres de tête ou ne sommes-nous pas aussi des êtres de cœur après tout? Ainsi, la rationalité de l’être ne formant qu’une partie d’un tout, toutes décisions se doivent d’être considérées dans leur ensemble, de façon logique et émotionnelle.

Écouter sa petite voix intérieure

Qui n’a pas déjà entendu cette petite voix intérieure qui nous interpelle tous à un certain moment où, de façon intuitive, on a su quelle décision prendre grâce à elle, ou à tout le moins laquelle ne pas prendre. Écouter sa petite voix intérieure équivaut donc selon moi à écouter son subconscient, cette partie d’instinct enfouie au plus profond de notre être. Puisque nullement influencé par les aspects sociaux et les déterminants dont est victime notre être conscient, il est fort à parier que ce dernier soit plus en mesure de faire le bon choix, ce qui me fait dire que notre être subconscient est peut-être plus conscient que l’est notre être conscient. N’ignorez donc pas votre petite voix.

Être vrai à soi-même

En définitive donc, permettez-moi de vous faire les suggestions suivantes :

1-      N’écoutez pas aveuglément les autres qui vous disent ce que vous devriez faire, car, quoiqu’ils soient surement bien intentionnés, leurs conseils ne sont valables qu’en fonction de leur réalité à eux et donc pas nécessairement de la vôtre.

2-      Parlez-en quand même avec une/des personnes de confiance. Un ami véritable se devrait d’échanger avec vous, et ce, sans vous juger, afin d’alimenter votre processus décisionnel tout en ne l’influençant point, car ultimement, pour que vous soyez capable de vous regarder dans le miroir une fois votre décision prise, elle se doit venir de vous. Permettez-moi de vous partagez une de mes citations à cet effet : « Nos connaissances jugent et colportent… nos vrais amis écoutent et accompagnent ».

3-      N’étouffez pas votre voix intérieure et laissez vos instincts vous parler.

4-      Enfin, une fois votre décision prise, ne la regrettez pas. De toute façon, il vous est impossible de savoir quel aurait été le cours des événements si vous aviez décidé/agis autrement. (À ce titre, je vous invite à lire mon article intitulé «Vivre sans regret».)

Tenter de décider en fonction d’autant d’influence extérieure, sans se permettre de ressasser notre « être profond », équivaut à se jouer la comédie, à s’en faire accroire. Ultimement, être vrai équivaut donc à ne pas « s’en faire à croire ». Et s’il y a une personne envers qui vous vous devez d’être honnête, c’est bien vous-mêmes. La vie est trop courte pour tenter de la vivre en fonction de la perception que l’on se fait quant aux attentes qu’ont les autres.

© 2013, Jacques Dufort. Tous droits réservés.

(1 commentaire)

  1. Chantal Ouellette

    Aaaahhh! Que j’aime ces propos!
    Même si j’ai été élevée à ne pas me préoccuper des “qu’en dira-t-on” et que j’arrive à le mettre en pratique souvent dans ma vie de tous les jours, c’est lorsque je suis confrontée à des décisions existentielles que la peur du jugement des autres me hante le plus. C’est grâce à mon réseau d’amis que j’arrive à dépasser ces jugements potentiels et à prendre la meilleure décision pour moi, qui est vraie et la meilleure au moment où je la prends.

    J’aime quand on me rappelle que la vie est une suite de décisions, car à toutes les 10 secondes un nouveau choix à faire se présente, même s’il est anodin. Il est impératif de dédramatiser le poids que l’on se met sur les épaules à faire le meilleur choix, comme si c’était une question de vie ou de mort, car dans notre vie moderne, ça en est très rarement le cas.

    Et si on apprenait à vivre pour soi, sans violer les droits des autres?

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