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Jan 21

Le conscient et le subconscient, un premier regard.

Lorsque l’on considère toutes les tâches que l’on exécute dans notre quotidien, sans même avoir à y penser, il me semble plausible que nous ayons une partie inconsciente à notre être. Normalement référé par certains comme étant notre subconscient, cette partie de notre cerveau serait donc cette partie, si c’est le cas, qui permettrait d’exécuter plusieurs tâches de façon concourante, sans même avoir à s’y concentrer. C’est ainsi que lorsque vous marchez, alors que vous vous concentrez à lire des messages textes sur votre téléphone intelligent, vous le faites sans même trébucher ou bien lorsque vous conduisez votre voiture et que vous êtes attentif aux propos d’un interlocuteur assis à vos côtés, vous évitez machinalement tout obstacle et véhicule sur votre route.  Quoiqu’il soit vrai que tout nouvel  apprentissage nécessite un effort conscient et une concentration de tous les instants (les efforts d’un nouveau-né alors qu’il apprend à marcher par exemple), ces derniers relèvent du domaine du subconscient lorsqu’ils sont acquis et maitrisés. Ainsi, considérant les limites de notre état conscient alors qu’il nous est des plus ardus d’effectuer plus d’une tâche à la fois, notre subconscient s’en permet tout autrement. Sans vouloir faire la nomenclature de toutes les fonctions biologiques et physiques dont notre subconscient se responsabilise en même temps (respirer, voir, avaler, écouter, marcher, penser, etc.), et ne pouvant quantifier la puissance d’un état cérébrale versus sa contrepartie, il me semble tout de même évident que notre subconscient s’avère nettement plus puissant que notre conscient.

Considérant donc qu’il existe probablement deux états distincts à notre cerveau (le conscient et le subconscient), comment savoir qui nous sommes? Dans le livre « Incognito », l’auteur David Eagleman fait la démonstration en se servant d’exemples concrets, qu’au mieux, notre conscient n’est en mesure de se faire qu’une représentation très incomplète et même imparfaite de la réalité qui l’entoure. C’est ainsi qu’en fin de compte, pour pallier les limites qui lui sont propres,  le cerveau conscient comble les trous du mieux qu’il le peut. Il prédit, il présuppose, il devine, il interprète, ce qui permet d’ailleurs aux prestidigitateurs de nous en mettre plein la vue. La perception consciente de qui nous sommes subi donc le même sort puisqu’elle ne représente qu’une interprétation fabriquée de toute pièce par notre conscient en fonction des éléments dont il dispose et dont font partie, entre autres, les perceptions qu’il obtient du monde qui l’entoure quant à qui il est. (Par exemple, à force de se faire dire quelque chose, tel que: « Tu es le meilleur » ou à l’inverse, « tu n’es bon à rien », on vient à y croire; le simple fait d’occuper un poste de responsabilité ou un poste public  fait aussi en sorte que l’on vient qu’à s’y identifier). Cette image incomplète et biaisée ne tient donc que très peu compte des caractéristiques réelles de notre être et du potentiel en nous, puisqu’elle fait abstraction d’une grande partie de nos attributs subconscients.

Ainsi, considérant qu’il nous est encore impossible à ce jour de savoir dans quelle région du cerveau résident nos idées, nos émotions, nos sentiments, nos perceptions, où même si elles sont du domaine matériel, nous présupposons qu’à tout le moins, celles-ci  ont trait au subconscient. Alors, en fonction des limites du nous « conscient », tel que mentionné au paragraphe précédant, quant à son habileté à se faire une représentation complète de qui il est, il m’apparait donc évident que notre subconscient puisse être plus représentatif de qui nous sommes vraiment. L’image que notre cerveau conscient se fait donc de lui-même étant incomplète et erronée, il s’en trouve de plus grandement influencé par notre subconscient. Or donc, cette perception que le nous conscient se fait d’être en contrôle de son identité ne saurait être plus faux puisqu’il s’avère plutôt être à la merci de ce même subconscient.  Considérez une personne en état de dépression, vous auriez beau lui dire de faire des efforts et de se prendre en main, tant et aussi longtemps que l’état émotionnel et donc subconscient dans lequel il se trouve ne changera pas, il n’y aura rien à faire. C’est donc dire que malgré tout notre bon vouloir, il est presque improbable de réussir seul à avoir un contrôle conscient sur nos états d’esprit, d’où la nécessité dans bien des cas d’avoir à consulter un « psy ».

Enfin, avez-vous déjà eu des situations où l’on vous a dit à la suite de celles-ci: « Tout à l’heure, lorsque tu as réagi je ne te reconnaissais pas. Tu me semblais une tout autre personne. » Où vous êtes vous déjà surpris à réagir de façon enragée à une situation conflictuelle au point d’avoir le sentiment d’avoir été « hors de vous », et que votre réaction s’apparentait bien plus à une réaction « animale » qu’à une réaction dite humaine, donc civilisée? Si l’on accepte que notre génétique et nos expériences de vies soient entre autres à l’origine de nos sentiments, nos émotions et nos idées et que ceux-ci sont ce qui façonne ultimement nos agissements, c’est donc que notre conscient n’agit au mieux que comme intermédiaire et que la perception que l’on se fait de soi-même n’est bien que celle que l’on veut bien se faire.

En définitive, notre conscient n’agit donc que comme filtre et tampon; tampon alors qu’il adapte nos réactions subconscientes en fonction du contexte de la situation et des attentes sociales présumées et filtre alors qu’il interprète les stimuli extérieurs dans leur contexte, pour ainsi faire en sorte que nos réactions sont proportionnelles et appropriées.

Alors, sommes-nous vraiment la personne que nous croyions être? Et si non, qui sommes-nous donc dans ce cas là? N’est-ce pas un pensez-y-bien? À suivre…

© 2013, Jacques Dufort. Tous droits réservés.

(1 commentaire)

  1. Chantal Ouellette

    Nous sommes la somme des expériences vécues depuis notre conception et nos actions et réactions le démontrent éloquemment surtout lorsqu’on se fait dire “T’es la fille de ton père toi!”, et ce même si on essaie du mieux que l’on peut d’être différent de notre père. C’est pourquoi j’aime parfois demander aux autres ce qu’ils perçoivent de moi car je suis beaucoup trop près du sujet (moi) pour bien me voir.

    J’ai déjà lu que l’on comparait le conscient et l’inconscient à un ordinateur, le conscient pouvait processer 40 bits d’information à la seconde, tandis que l’inconscient en processait 200 000 000 en une seconde. Alors devrions nous toujours prendre des décisions conscientes et raisonnées?

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