Avr 30 2015

Une croyance aveugle peut-elle se permettre d’être sélective?

« … dès que la parole aborde un sujet dit “paranormal”, celle-ci est accueillie avec plus de scepticisme que d’autres paroles par le corps médical, par l’entourage ou la société. De façon imagée, quand un patient dit sentir en lui la présence de Dieu, il est perçu comme apaisé. S’il dit avoir peur, car il a vu sa mère ou son père décédé dans sa chambre, cette expérience est qualifiée d’hallucination. » [1] Cet extrait d’un témoignage livré à la revue « Inexploré » illustre bien le fossé qui sépare le religieux du surnaturel.

Force est de reconnaitre qu’à une époque ou tout était divin, ou tout ne pouvait s’expliquer que par le biais de croyances religieuses, qu’il était normal de s’en remettre à la divinité pour trouver apaisement et réconfort. Ainsi, à cette époque, les phénomènes inexpliqués pouvaient effrayer et donc créer un malaise plus grand qu’il se dut, à moins de leur donner sens. C’est ainsi que la plupart du temps, ils étaient attribués à des interventions divines, l’Homme n’aimant pas l’incertitude.

Il est toutefois surprenant et aberrant que dans notre société dite « moderne », des gens se refusent toujours à considérer la plausibilité des phénomènes inexpliqués n’étant pas convaincus de façon tangible de leur existence. Pourtant, ils s’en remettent à un dieu quelconque, de qui d’ailleurs on a encore moins la preuve, pour s’expliquer ces phénomènes inexplicables en question.

Or, même dans ces temps lointains, certaines croyances ont malgré tout été remises en question afin de permettre, entre autres, à ce que la science naisse et évolue à ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Ce sont donc ces questionnements et l’émission d’hypothèses, qui à l’origine ont même pu paraitre loufoques, que l’on réussit aujourd’hui, sans équivoque, à s’expliquer un tas de choses.

Doit-on donc croire aveuglément en ces « expériences humaines d’apparence inexplicables, parfois qualifiées de surnaturelles ou de paranormales? » [2] Pas nécessairement. Mais avons-nous le droit de les écarter d’emblée sans même nous donner la peine de les considérer?

Tout comme jusqu’à ce que l’on invente le microscope il a pu être difficile pour la majorité des gens de considérer qu’il existait peut-être des organismes microscopiques (bactéries) qui vivaient dans une eau en apparence pourtant limpide et qui toutefois rendait les gens malades, dites-vous que nos « microscopes » propres à chacun des phénomènes « inexpliqués » ne sont peut-être qu’en devenir. Qu’à ce jour nous ne possédions pas les outils aptes à détecter et comprendre chacun de ces phénomènes ne les rend pas moins plausibles pour autant. Une chose est sûre, qu’ils s’expliquent ou non, nul ne peut nier qu’ils apparaissent des plus réels pour la personne qui les éprouve.

Ainsi, que ce soit de télépathie, d’expériences de mort imminente, de vie après la mort, ou de communication avec les esprits pour ne nommer que ceux-là, nous est-il possible d’affirmer, sans l’ombre d’un doute, que le tout n’est que fabulation de la part de ceux qui les éprouvent? Alors, pouvons-nous donc à tout le moins nous entendre sur la potentialité de leur existence?

Or, pour ceux et celles qui tout comme moi souscrivent au désir profond de parfaire ces connaissances, reconnaissons la validité des démarches entreprises par nos chercheurs et observateurs modernes. Dans la mesure où ils adhèreront à des règles très simples soit de « tester une idée par voie d’expérimentation et d’observation, bâtir sur ces idées qui passeront le test, éliminer celles qui failliront et poursuivre les conclusions où qu’elles vous mènent et questionner tout » [3], réussirons-nous peut-être à démystifier le vrai du faux au fil du temps.

Et, pour les autres qui continuent à croire de façon aveugle dans un Dieu tel que l’enseignent les religions pour s’expliquer l’inexplicable, considérez ceci : il y a plus de preuves de l’existence potentielle de l’un ou l’autre des phénomènes mentionnés précédemment qu’il y a de l’existence d’un Dieu, quel qu’il soit. Ainsi, à ma connaissance, aucune expérience n’a ce jour démontré même un soupçon de potentialité de l’existence d’un Dieu à caractère anthropomorphique telle que la plupart des religions nous le font croire [4]. Pourtant, sans nécessairement être toutes concluantes, certaines expériences commencent à démontrer, ne serait-ce que de façon potentielle, l’existence de certains phénomènes dits surnaturels ou paranormaux. À cet égard, les phénomènes d’intrication quantique [5] qui ont été documentés en physique quantique par exemple font bel et bien état d’un phénomène d’interrelation entre des particules qui transcende les distances. Et comme certains le prétendent, se pourrait-il qu’un champ énergétique nous relie tous l’un à l’autre et qui plus est, nous permette de communiquer, je ne sais de quelle façon, avec les organismes vivants (humains, animaux et même végétaux)? Certaines expériences sans toutefois réussir à expliquer ce phénomène semblent toutefois le démontrer.

Alors, si malgré tout vous continuez à croire aveuglément en un dieu bien veillant et donnant réponse à tout tel que nous l’enseigne les religions, de grâce soyez cohérents et permettez-vous d’aussi croire aveuglément aux phénomènes surnaturels et paranormaux. Autrement, sur quelle base vous permettez-vous d’exercer une croyance aveugle aussi sélective?

Et donc, de la même façon qu’il m’est impossible de fermer la porte quant à la potentialité de l’existence d’un dieu même si je privilégie l’approche scientifique à priori, de grâce, gardons-nous l’esprit ouvert.

Une belle réflexion en perspective non? Partons ensemble à la découverte et soyons réfléchis ensemble.

 

Notes de bas de page    (↵ returns to text)

  1. Témoignage d’une personne aux initiales P.N. à la page 13 du numéro 12 du Magazine « Inexploré » octobre/novembre/décembre 2011, publié par l’Institut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires (http://www.inrees.com/).
  2. Extrait du mandat de l’INREES tel qu’affiché au bas de la page de leur site web au http://www.inrees.com/.
  3. Traduction libre de la citation originale anglaise « …generations of searchers strictly adhering to a simple set of rules. Test ideas by experiment and observation, build on those ideas that past the test reject the ones that fail, follow the evidence wherever it leads and question everything. » Neil deGrasse Tyson introduction de la série télévisuelle Cosmos : A Spacetime Odyssey.
  4. Le dieu auquel la plupart des religions font référence se veut plutôt être un dieu à caractère anthropomorphique, étant en contrôle de nos destinées, ayant le pouvoir de récompenser et de punir à sa guise, et pouvant même jusqu’à pouvoir éprouver des émotions. C’est bel et bien cette compréhension de Dieu envers laquelle j’éprouve, par la présente, un certain scepticisme. (http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/anthropomorphisme/3906).
  5. L’intrication quantique (ou enchevêtrement quantique) est un phénomène observé en mécanique quantique dans lequel l’état quantique de deux objets doit être décrit globalement, sans pouvoir séparer un objet de l’autre, bien qu’ils puissent être spatialement séparés. Lorsque des objets quantiques sont placés dans un état intriqué, il existe des corrélations entre les propriétés physiques observées de ces objets qui ne seraient pas présentes si ces propriétés étaient locales. En conséquence, même s’ils sont séparés par de grandes distances spatiales, deux objets intriqués O1 et O2 ne sont pas indépendants et il faut considérer {O1+O2} comme un système unique.

© 2015, Jacques Dufort. Tous droits réservés.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.