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Avr 10

« Le bonheur est en vous » quatrième partie – Le bonheur est en vous et ne se trouve point ailleurs.

Le bonheur est un état d’âme qui ne se trouve qu’en nous et n’est donc
nullement accessible par le biais de plaisirs éphémères extérieurs.

Jacques Dufort

 

 Au début de son film « The Shift », Wayne Dyer citait Carl Jung ainsi : « Sans absolument aucune préparation, nous entrons dans l’après-midi de la vie ; pire encore, nous le faisons en étant faussement persuadés que les vérités et les idéaux qui nous avaient accompagnés jusqu’ici seraient encore utiles. Mais nous ne pouvons pas vivre l’après-midi de la vie en suivant le programme du matin ; car ce qui était grand le matin sera petit le soir et ce qui était vrai sera devenu un mensonge. » [1]

Considérant que nous avons donc tous un après-midi à nos vies, lorsqu’on le comprend, ça nous permet d’enfin entamer notre cheminement qui en soi donnera à notre vie tout son sens.

Contrairement à l’après-midi de nos vies, le matin lui nous apprend qu’il importe pour être heureux d’avoir des possessions matérielles, d’occuper des postes de prestige et de se voir décerner des titres. Pourtant, une fois tout cela accompli, un vide demeure. C’est alors que l’on tente d’accumuler plus de titres, plus de possessions, en espérant enfin trouver le bonheur, quoiqu’en vain. C’est ce qui fait que, tel que j’en ai fait mention lors d’un article précédent intitulé «Se comparer outrancièrement à autrui », l’on vient qu’à se comparer à ceux qui ont plus que nous en espérant émuler leur succès ou sinon que l’on se console de ne pas avoir autant que l’on souhaiterait en se comparant à ceux qui ont moins. Arrive un moment où l’on réalise enfin avoir été dupé par le conditionnement sociétaire qui nous a fait miroiter un bonheur artificiel, un bonheur qui n’en est pas un.

À la lumière de ce que j’ai écrit précédemment donc, vous savez maintenant que le bonheur véritable n’est pas accessible par le biais de ces plaisirs éphémères extérieurs. Il ne l’est pas non plus par le biais des maints divertissements ou distractions auxquels l’on saurait s’assujettir. Tous ces efforts ne comblent pas le vide qui nous habite et par surcroît il peut même aller jusqu’à l’accroitre. C’est ainsi donc que le bonheur doit se trouver ailleurs, mais si c’est le cas où puisse-t-il se trouver ?

Si l’on s’entend sur le fait que le bonheur de tout un chacun ne passe pas par le nombre de ces possessions, ni par le nombre de ces biens matériaux, ni par les titres, promotions et accolades que l’on saurait accumuler, n’est-ce pas avoir fait le tour de tout ce qui est extérieur à nous ? Et donc si le bonheur se trouve ailleurs, mais plus encore, s’il ne réside pas en quoi que ce soit d’externe à nous, c’est donc dire qu’il ne peut résider qu’en nous. Le bonheur ne dépend alors pas d’autrui ni de quoi que ce soit de matériel, il ne peut ainsi qu’être un état d’âme, un état émotionnel, accessible à tous ceux qui veulent bien tenter de l’atteindre. Mais comment y arriver ?

Il existe peut-être plusieurs façons, mais la piste de solution que je vous propose est la suivante. Plutôt que d’être « profiteur » de l’humanité tel que prône les lois du capitalisme en essayant de toujours avoir plus que l’autre, et ce même si cela est souvent accompli au détriment d’autrui, il vaille mieux que l’on se présente plutôt comme son serviteur en mettant à profit nos talents quels qu’ils soient. De se sentir indispensable et apprécié par autrui, non pas pour nos possessions matérielles, mais bien pour la personne que nous sommes, par nos agissements, est une récompense en soit. De se savoir utile donc demeure la plus belle forme de récompense qui puisse être [2]. Ainsi, quels que soient vos talents, vos champs d’intérêt, à partir du moment où vous comprendrez que le bonheur ne puisse advenir que par la pleine réalisation du soi en se mettant au service d’autrui, enfin pourrez-vous espérer être heureux quant à la personne que vous serez devenu. Pour moi, écrire ces quelques lignes ou même piloter mon avion, c’est du pareil au même. Dans la mesure où je ne fais ni l’un ni l’autre dans le but de servir mon ego, mais bien dans le but de servir tout simplement, au meilleur de mes habiletés, voilà où je trouve paix et bonheur à être qui je suis.

Naturellement, il n’est pas nécessaire de quitter votre emploi ou même de devenir moine ou sœur pour vous mettre au service d’autrui. Dans bien des cas, c’est même au travers de votre emploi que vous pourrez mettre vos talents à profit. Mais, ce n’est pas qu’à travers votre emploi qu’il vous sera possible d’y arriver. C’est pourquoi lorsqu’on me demande ce que je fais dans la vie, je réponds bel et bien être pilote, mais je m’empresse d’en dire plus. Être pilote n’est qu’une facette de ma personne. Je suis tout d’abord un homme, puis mari, père, ami, frère, beau-frère, voisin, bénévole, blogueur, écrivain en herbe, et il m’est donc ainsi possible de servir autrui par le biais de chacune des facettes de mon existence. Alors chanceux êtes-vous s’il vous est permis de servir au quotidien par le biais de votre travail, mais ne vous inquiétez pas si tel n’est pas le cas, car bien d’autres opportunités s’offrent à qui sait bien regarder. Il ne suffit que d’un regard neuf afin de vous voir dans toute votre splendeur, sans nécessairement vous considérer qu’en fonction du travail que vous occupez.

Enfin, l’homme commence à mourir à petit feu selon moi lorsqu’il bénéficie plus de la société dans laquelle il évolue qu’il y contribue. Ainsi, considérant la prémisse que je vous propose, c’est-à-dire que la raison d’être de tout un chacun est de servir autrui, la mort n’arrive ultimement que lorsque la raison d’être de sa vie aura été accomplie ou qu’il n’est plus en mesure de l’accomplir. Et donc, tout comme moi, que vous deveniez serviteur de l’humanité en étant mère, père, époux/épouse, bénévole, par le biais de vos engagements personnels, professionnels ou sociaux, il ne tient qu’à vous de servir et de mettre vos talents à profit et ainsi de vivre votre vie pleinement, avec tout le sens que vous saurez y donner.

Les réflexions dont je vous ai fait part au cours de cette série de quatre articles (L’utopie du bonheur moderne, Se comparer outrancièrement à autrui, Vivre sa vie au travers de la réussite des autres, Le bonheur est en vous et ne se trouve point ailleurs) et surtout les conclusions que j’en ai tirées et que je m’efforce de mettre en pratique me permettent d’affirmer sans l’ombre d’un doute qu’il n’existe pas de joie plus grande que celle de parvenir à cet état d’esprit divin que l’on obtient en se mettant au service d’autrui. Et avec l’acquisition de cette connaissance enrichie, cet état de béatitude peut aussi vous être accessible. Je crois donc fermement que le bonheur ne se trouve pas ailleurs, mais qu’il se trouve bel et bien en vous. Vous n’avez qu’à faire l’effort de le chercher et vous le trouverez.

Par ailleurs, si vous avez trouvé le bonheur par l’entremise d’autres chemins, je vous invite à nous en faire part ainsi qu’à en faire part au monde entier puisque ça ne peut que contribuer à rendre le monde meilleur.

 

 

Notes de bas de page    (↵ returns to text)

  1. Traduction tiré de l’ouvrage « Le Virage » de Wayne Dyer, page 85, Éditions J’ai Lu.
  2. Pour ceux qui sont parents et qui ont vu au bien-être de leurs enfants grandissant jusqu’à leur avènement à l’âge adulte, rappelez-vous à quel point vous vous sentiez utile et à quel point vous étiez fier de la façon dont vous éleviez vos enfants, mais aussi, à quel point un vide s’installa en vous alors que vos enfants commencèrent à voler de leurs propres ailes, vous rendant presque obsolètes.

© 2017, Jacques Dufort. Tous droits réservés.

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