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Mar 13

Vivre sans regret

Poster Regret-1-150pxIl est tout à fait normal que d’éprouver du regret. C’est une réaction émotive incontrôlable qui peut survenir chaque fois que l’on prend une décision. Elle survient lorsqu’un doute quant à l’adéquation de notre choix persiste alors que plus d’une option convenable s’offre à nous et est d’autant plus probable lorsque l’exercice décisionnel a été ardu. Ainsi, comme l’illustre l’expression « le gazon semble toujours plus vert chez le voisin », il peut facilement advenir qu’après coup, l’on présuppose l’alternative comme ayant été préférable.

Il ne faut donc pas tenter de n’avoir aucun sentiment de regret, puisqu’il serait contre nature que d’espérer enrayer cette émotion en soi inhérente au processus décisionnel. Il importe plutôt d’accepter son existence et d’apprendre à bien la gérer afin de ne pas se laisser affecter par l’incertitude voire même la détresse qu’elle peut engendrer.

Ce qui est donc malsain ce n’est pas de ressentir du regret, mais bien de vivre dans le regret. Vivre ainsi c’est de permettre à ce que cette émotion, ce doute, occupe toute la place, nous empêchant même de voir la réalité telle qu’elle l’est, puisqu’aveuglée par l’illusion que l’on se fait de ce que les choses auraient pu être si nos choix avaient été autres, si d’autres voies avaient donc été empruntées.

Ainsi, puisqu’il n’existe pas de recette magique, la seule façon de s’en sortir consiste à rationaliser la situation dans laquelle nous nous trouvons en essayant de faire abstraction de toutes ces situations hypothétiques qui tourbillonnent dans notre tête et qui nous empêchent d’y voir clair. Il faut donc ne s’en tenir qu’aux faits et ne se concentrer que sur le présent. Il est toutefois fort à parier que, pour ce faire, il faille engager un dialogue avec autrui puisqu’il arrive fréquemment que notre questionnement, incessant et sans fondement, nous mène à un état de confusion total, qui peut même aller jusqu’à nous paralyser, rendant la possibilité de s’en sortir seul peu probable.

Ne faisant pas exception en matière de ressentir du regret, permettez-moi de vous partager ma plus récente expérience dans ce domaine afin de mieux illustrer mon propos. Ainsi, voici comment j’ai vécu le lourd sentiment de regret qui m’habita à la suite du décès de ma mère survenu le 7 novembre dernier.

Étant arrivé à son chevet moins de deux heureux suivant son décès, je ne pus donc pas l’accompagner dans le trépas. Je me suis culpabilisé tout de suite du fait que la veille, pressentant que quelque chose se tramait, je m’étais demandé si je ne devais pas partir sur-le-champ vers Montréal, même si je venais tout juste d’arriver à mon domicile d’un voyage de cinq heures en voiture. Il était déjà tard en soirée et puisque plus de quatre heures de route me séparaient de la résidence de ma mère, je serais arrivé chez elle au petit matin, risquant, chemin faisant, de m’endormir au volant. Conséquemment, j’ai donc décidé qu’il était préférable de ne partir que tôt le lendemain matin, ce que je fis.

Alors, malgré le fait qu’à mon arrivé, les infirmières voulaient se faire rassurante en me mentionnant que quelque part c’était peut-être la volonté de ma mère que je n’y sois pas (elle savait que j’étais en route ce matin-là pour lui rendre visite) où même que c’était peut-être mieux comme ça considérant que ces derniers moments furent quelque peu difficiles, je n’arrivais toutefois pas à me pardonner de ne pas avoir été présent et donc à regretter mon choix. Mon sentiment de regret commença toutefois à s’estomper une semaine plus tard alors qu’en discutant avec un de mes cousins lors des funérailles de ma mère, je compris que, même si j’étais arrivé à temps pour l’accompagner vers l’au-delà, j’aurais pu ultimement là aussi, éprouver un sentiment de regret. Ainsi, à écouter mon cousin me relater les derniers moments passés en compagnie de sa mère alors qu’elle était hébergée en milieu hospitalier, je ressentais la douleur qui l’habitait encore aujourd’hui, plusieurs années plus tard. D’avoir été impuissant à faire quoi que ce soit pour elle alors qu’elle est décédée en sa présence semblait le ronger.  Il me semblait meurtri aussi par l’image qu’il gardait des derniers moments passés à ces côtés. Regrettait-il donc? Qu’importe, le gazon du voisin n’était peut-être pas aussi vert que je le croyais en fin de compte, car moi, je ne gardais qu’un bon souvenir de ma mère malgré la maladie.

C’est alors que j’ai compris que, quelle que soit la décision que j’aurais prise, il m’aurait été possible de la regretter. Ainsi considérant que de toute façon je ne pouvais rien y changer et rassuré par cette compréhension nouvelle que je me faisais de ma réalité, j’ai accepté mon choix comme étant le seul que je me devais de faire. La paix et la sérénité m’habitèrent de nouveau. Je ne vivais déjà plus dans le regret, mon cousin, sans le savoir, aidant.

Donc, puisque l’émotion de regret peut survenir lors de situations aussi diverses les unes que les autres et puisque qu’elle n’est pas nécessairement rattachée à un deuil, permettez-moi de vous offrir ces deux affiches afin que vous puissiez vous en inspirer quel que soit l’origine du sentiment qui vous habite et aussi simpliste ou complexe soit-il. Ainsi pourront-elles vous aider à mater les sentiments de regrets qui sauraient vous habiter afin de vivre en harmonie avec vos décisions. Enfin, voici donc les pensées qui arborent les deux affiches en questions :

« Ne regrettez pas les chemins non empruntés, car qui sait si vous en auriez préféré leurs parcours. »

« Regretter c’est négliger de vivre pleinement son quotidien. »

Vous pouvez télécharger les deux affiches en question en vous servant des deux liens suivants:

 

Une dernière pensée:

« La vie est trop courte pour vous en faire, regardez donc devant et non derrière

et jouissez ainsi pleinement de ce que la vie a à vous offrir. »

 

P.-S. N’hésitez pas à commenter en vous servant de l’espace réservé à cet effet au bas de la présente page.

 

Jacques

 

© 2012 – 2015, Jacques Dufort. Tous droits réservés.

(2 commentaires)

  1. Vincent Poirier

    Bonjour Jacques

    Je joue l’avocat du diable, et voici un TED talk sur l’importance de regretter.

    http://blog.ted.com/2011/12/02/dont-regret-regret-kathryn-schulz-on-ted-com/

    1. Jacques Dufort

      Vincent, tout d’abord, je te remercie grandement de m’avoir fait découvrir ce vidéo dont je ne connaissais point l’existence. J’ai grandement apprécié.

      Pour ce qui est de ton commentaire, quoique tu dises te faire l’avocat du diable, je ne suis pas si sûr que nos idées soient aussi opposées que ça, car, suite au visionnement du clip, je pense que l’on peut se permettre de faire plusieurs parallèles dans notre façon d’aborder le sujet.

      Ainsi, je suis d’accord avec Kathryn Schulz lorsqu’elle mentionne (à la minute 3:44-3:55) “But if you want to be fully functional, fully human, fully humane, I think you need to learn to live not without regret but with it” puisque j’ai écrit « Il importe plutôt d’accepter son existence et d’apprendre à bien la gérer afin de ne pas se laisser affecter par l’incertitude voire même la détresse qu’elle peut engendrer. »

      Je crois toutefois apporter une nuance qu’elle n’élabore pas explicitement lorsque je mentionne que « Ce qui est donc malsain ce n’est pas de ressentir du regret, mais bien de vivre dans le regret. » Ainsi, quoi que l’on semble s’entendre sur le fait que l’on se doive d’apprendre à vivre avec ces regrets, je ne pense pas qu’il soit sain de vivre perpétuellement dans le regret. Elle semble toutefois partager ce point de vue puisqu’elle mentionne trois façons dont l’on peut se servir pour apprendre à vivre avec ces regrets.

      Or donc, je dois convenir que le titre de mon article aurait donc été plus à propos s’il avait été “Ne pas vivre dans le regret » ou « Vivre avec ces regrets » plutôt que « Vivre sans regret ».

      Enfin, une formulation qu’elle apporte à la fin de sa présentation et que j’aime bien est la suivante: (à la minute 16:10) “The point isn’t to live without any regrets, the point is to not hate ourselves for having them.”

      Amitié

      Jacques

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