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Déc 28

Réflexion de Noël – Partie 1 : Le cadeau d’intention

Le cadeau d’intention — Pour ceux qui me connaissent, vous savez que je n’aime pas ce que j’appelle « l’artificialité des fêtes », et ce, quel que soit la fête ou l’anniversaire en question. C’est encore plus vrai pour ce qui est « La période des fêtes » dans laquelle nous nous trouvons en ce moment. Cette artificialité nous pousse même dans bien des cas à donner des cadeaux par habitude, par obligation, pour bien paraître ou tout simplement pour ne pas nous sentir coupables. N’avez-vous pas comme moi dressé la liste de tous les membres de votre entourage en vous assurant de n’oublier personne, quel que soit votre affinité envers eux, qu’il l y en ait une on non? Est-ce que de donner un cadeau à tous sans exception tient du désir de donner ou tient-il plus de la perception que nous avons de l’obligation de donner? Le comble de cette absurdité peut s’illustre par le superviseur qui, dans son milieu de travail donne le même cadeau à tous ces subordonnés sans exception, voire même à ceux qu’il n’apprécie d’aucune façon, pour être sûr que personne ne se sentent froissé. Quel sens a donc ce geste pour la personne la plus appréciée du groupe? Pourquoi donner à ceux à qui nous ne préférerions rien donner? Cette façon de faire ne dénaturalise telle pas le cadeau que l’on donne à la personne à qui l’on souhaite vraiment donner?

Une autre situation, empreinte d’autant de ridicules, advient lorsque l’on se justifie à soit même l’importance que l’on accorde à l’un ou l’autre des destinataires en fonction de la valeur monétaire du cadeau en soit, comme s’ils sauraient être en mesure de différencier entre eux et ainsi connaitre notre appréciation réelle que nous avons d’eux!

Enfin, y a-t-il quelque chose de plus artificiel que de donner une carte cadeau ou de l’argent comptant? Peut-on vraiment affirmer avoir effectué un effort véritable de réflexion visant à plaire à la personne concernée?   La parodie est même poussée plus loin lorsque parfois, l’on obtient en retour une carte-cadeau ou de l’argent comptant de la part de cette même personne, d’un montant équivalent à celui d’on nous avons fait don. Quelle absurdité!

Or donc, dans ces conditions d’hypocrisie et de déculpabilisation généralisée, nous est-il possible de différencier entre un cadeau d’obligation et un cadeau souhaité? C’est sûr que, selon de la teneur de vos relations familiales ou amicales, il peut être facile dans certains cas de différencier entre les deux. Il serait donc faux d’affirmer que tous les cadeaux qui ont été donnés à Noël son vide de sens ou l’on été par obligation. J’en ai d’ailleurs moi-même reçu de la part des membres de ma famille immédiate cette année qui de façon des plus évidentes, prenaient tous leurs sens pour ceux qui me les avaient offerts. Il n’en reste pas moins que le seul cadeau que j’estime être vrai, est celui que j’appellerai cadeau d’intention, le cadeau qui peut certainement se donner lors d’une occasion telle que représente Noël, mais qui peut prend tout son sens lorsque donné juste parce qu’on en ressent le désir. C’est pourquoi je me réjouis lorsque je reçois un cadeau sans raison, juste parce que le désir y était, et donc sans prétexte sous-jacent; un vrai cadeau d’intention quoi. N’attendez donc pas à Noël prochain ou à un quelconque anniversaire pour offrir votre prochain cadeau à quiconque vous est cher et voyez à quel point se geste pourra même vous réjouir.

À défaut de donner un cadeau d’intention, puis-je nous suggéré à tous qu’une des façons de palier à cette ambigüité potentiel serait de faire don de soi, don de son temps. Ainsi, à moins d’être une personne hypocrite et malintentionnée, ce cadeau risque plus d’être apprécié à sa juste valeur.  Je vous invite donc à lire la suite de mon propos de Noël d’ici deux à trois jours tout au plus alors que j’aborderai justement l’aspect du don de soi. D’ici là, portez-vous bien.

© 2010 – 2011, Jacques Dufort. Tous droits réservés.

(2 commentaires)

  1. Chantal Ouellette

    Et bien, tu as bien fait le tour de la question! J’ai en effet reconnu dans chacun de tes points comment je me sens parfois lorsque je donne ou reçois un cadeau. Je dois dire que je suis coupable d’avoir donné en faisant attention de donner le même montant pour chaque personne dans plusieurs cas, pour ne pas être jugée, critiquée ou dénigrée. Surtout avec mes enfants. Puisqu’ils ont le chic de nous demander des comptes et de toujours être entrain d’observer ou plutôt scruter à la loupe nos moindre agissements pour se rassurer de leur place dans notre coeur.

    La peur d’être critiquée fait partie d’un cercle vicieux dont je suis victime comme plusieurs. Et je crois que cette peur vient de très loin historiquement, car il fut un temps ou la différence était passible de peine de mort, mais aussi de notre enfance ou adolescence, où nous avons appris à nous conformer aux traditions et normes de notre entourage pour ne pas être montré du doigt et ainsi devenir une cible de choix. Quand on choisit de donner un cadeau pour satisfaire cette peur de la critique en espérant la faire taire, on y parvient seulement partiellement. Pas le résultat qu’on recherchait… Alors on a l’impression d’être pris entre deux feux encore, et nous n’avons pas acheté la paix. De toute façon peut-elle vraiment s’acheter?

    Cette année j’ai joué avec cette idée de donner pour la forme à mes collègues de travail, ne serait-ce qu’une carte, et je me suis rendue compte que je le faisais pour cette peur de la critique, car il est bien difficile alors de donner seulement à certains… Alors je n’ai rien donné de matériel. J’ai plutôt donné de mon temps et mon attention, et il me semble que j’ai vu plus de lumière dans leurs yeux que si ça avait été quelque chose de matériel qui a cette vibration d’obligation.

    Je suis bien d’accord que de donner ou recevoir un cadeau, juste pour le plaisir est bien plus gratifiant. Et chaque fois que je reçois quelque chose de spontané je me sens tellement appréciée. Ça réchauffe le coeur, Beaucoup plus qu’un cadeau donné à Noêl parce que c’est le temps de donner.

  2. Dominic P. Tremblay

    Voici un autre article sur un blogue qui cadre bien avec ton idée de cadeau d’intention. Désolé, l’article est rédigé en anglais. Article de Sara Hamil

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